L'Honorable Abdoulaye Nouhoun Alassane, député de la 8e Circonscription Électorale, a donné de la voix le mercredi 24 juin 2026, lors de la séance plénière de l'Assemblée Nationale consacrée à l'examen du rapport sur le débat d'orientation budgétaire pour la loi de finances, gestion 2027. Face à ses pairs, il a porté avec force et clarté la cause des populations des zones frontalières du Nord-Bénin. Ces communautés trop longtemps silencieuses dans les arbitrages de l'État.
En effet, ce qui distingue l'intervention de l'Honorable Abdoulaye Nouhoun Alassane, c'est avant tout son ancrage dans le vécu quotidien des populations qu'il représente. Ses recommandations ne sont pas nées de simples considérations théoriques ou de lectures de rapports administratifs. Elles traduisent une écoute active des habitants des villages frontaliers du Nord-Bénin, qui, au fil des jours, expriment un sentiment douloureux, celui d'être abandonnés par l'État. « Les populations de nos zones frontalières ont souvent le sentiment d'être abandonnées », a-t-il déclaré avec regret. En assumant ce constat difficile à la tribune nationale, le député ne cherche pas à embarrasser le gouvernement, mais à remplir sa mission première, celle d’être la voix de ceux qui n'en ont pas. C'est cette posture d'élu de proximité, attentif aux remontées du terrain, qui confère à ses prises de position une légitimité que les chiffres seuls ne sauraient suffire à construire.
Des propositions concrètes, loin des discours creux

L'Honorable Abdoulaye Nouhoun Alassane n'est pas venu à la plénière pour se lamenter. Il est venu avec des solutions. Ses recommandations, adoptées par la plénière, s'articulent autour de trois axes majeurs qui révèlent une compréhension globale et cohérente des défis auxquels font face ces territoires. Sur le plan sécuritaire, le député a plaidé pour la construction de commissariats d'arrondissement dans les villages frontaliers. Dans un contexte régional marqué par l'insécurité et les menaces transfrontalières, cette demande n'est pas anodine. Elle répond à un besoin vital, doter les forces de défense et de sécurité d'infrastructures opérationnelles leur permettant d'intervenir rapidement et efficacement en cas d'attaque. À cela s'ajoute une requête tout aussi stratégique sur l'aménagement des pistes rurales. Car, à quoi servent les patrouilles si les routes ne permettent pas aux forces de l'ordre d'atteindre les zones d'urgence à temps ? Sur le plan sanitaire, le parlementaire a insisté sur la construction de centres de santé dans ces localités enclavées, mais aussi sur la poursuite du franchissement, c'est-à-dire l'équipement complet des centres de santé déjà existants. Une nuance importante qui témoigne d'une lecture fine de la réalité. Il ne suffit pas d'inaugurer des bâtiments si ceux-ci restent vides de personnel, de médicaments et d'équipements. Sur le plan éducatif, il a également appelé à la construction d'écoles, car le développement harmonieux d'une région passe inévitablement par l'accès de ses enfants à l'instruction.
Les recommandations de l'Honorable Abdoulaye Nouhoun Alassane ne portent pas sur des zones urbaines bien dotées, visibles et politiquement rentables. Elles concernent des villages frontières, discrets, souvent oubliés des grands projets nationaux, mais qui constituent pourtant les sentinelles silencieuses de la souveraineté du Bénin. Ses recommandations se présentent comme un signal fort pour le gouvernement du Président Romuald Wadagni. Les zones frontalières constituent désormais un signal politique que le gouvernement ne saurait ignorer. Elles rappellent que le développement du Bénin ne peut être complet s'il laisse de côté ses marges géographiques. Les zones frontalières du Nord ne sont pas des périphéries négligeables ; elles sont des espaces stratégiques, humains et symboliques, dont la sécurisation et le développement conditionnent la paix et la cohésion nationale.
Wilfried AGNINNIN




