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Trêve politique et médias au Bénin: «c'est une occasion en or pour la presse béninoise », pense Barnabas Orou Kouman

Trêve politique et médias au Bénin: «c'est une occasion en or pour la presse béninoise », pense Barnabas Orou Kouman

Barnabas Orou Kouman, Président de l'Union Nationale des Médias en Ligne du Bénin (Unamel-Bénin) et Promoteur du groupe de presse Daabaaru, a livré une analyse sans détour sur la trêve politique constitutionnelle. Pour ce professionnel des médias, cette période inédite est bien plus qu'une contrainte, c'est une invitation à retrouver l'essence même du journalisme. Il l'a fait savoir le 3 mai 2026, à l'occasion de la Journée mondiale de la liberté de la presse célébrée à Cotonou, par la Haute Autorité de l'Audiovisuel et de la Communication (Haac).

Wilfried AGNINNIN 

L'entrée en vigueur dans quelques semaines de la trêve politique constitutionnelle, préoccupe Barnabas Orou Kouman. Ce mécanisme prévu par la loi fondamentale béninoise pour apaiser le climat politique, soulève une question cruciale pour les rédactions, comment occuper l'espace éditorial laissé vacant par le retrait des acteurs politiques ? Le Président de L'Unamel-Bénin a donné une répons directe et assumée a cette question.

Un journalisme trop absorbé par la politique

Avant même d'évoquer les perspectives que la trêve politique ouvre pour la presse, le président de l'Unamel-Bénin a pointé du doigt une dérive structurelle dans le paysage médiatique national. Selon Barnabas Orou Kouman, le journalisme béninois s'est progressivement laissé emporté par la couverture politique, au détriment de sujets fondamentaux pour le bien-être des populations. « Personnellement, je n'ai jamais été pour ce journalisme qui est beaucoup axé sur la politique. Et qui laisse les questions qui intéressent encore plus la population, les questions de la société, les questions sécuritaires, les questions du bien-être des populations, pour s'occuper de la politique », a-t-il déclaré. Il pense ainsi que « la trêve politique, c'est une occasion en or pour la presse béninoise. Cela nous permettra d'exercer comme cela se doit notre métier ». 

Retrouver l'essence même du métier

A en croire Barnabas Orou Kouman, la trêve politique n'est pas un vide à combler dans l'urgence, mais bien un espace à saisir avec discernement. Il a ainsi appelé les rédactions à se réapproprier les fondamentaux du journalisme. Il s'agit à cet effet, d'aller au contact des réalités sociales, de documenter les enjeux de développement et de produire une information qui transforme concrètement le quotidien des citoyens. « Je pense que la trêve politique sera une occasion pour les rédactions de retrouver l'essence même du métier du journalisme, aller faire des sujets de développement, aller faire des sujets qui vont apporter un plus au quotidien des populations », a-t-il insisté. Ce repositionnement éditorial, plaide-t-il, permettrait à la presse béninoise de regagner en crédibilité et en utilité sociale, face à des publics qui attendent bien davantage que les polémiques politiciennes.

Cependant, Barnabas Orou Kouman est allé plus loin dans son analyse en qualifiant l'obsession politique des médias de facteur d'appauvrissement éditorial. À ses yeux, les débats partisans, aussi vifs soient-ils, n'enrichissent guère le lectorat ni l'auditoire. « Les questions politiques ne font qu'alimenter la polémique et, à mon sens, n'apportent pas vraiment de grandes choses à nos lecteurs, à nos internautes, à notre audience », a-t-il affirmé, balayant d'un revers de main l'argument selon lequel la politique serait le carburant naturel de l'information. In fine, Barnabas Orou Kouman a fait savoir que la force du journalisme réside dans sa capacité à éclairer, à expliquer et à donner du sens aux transformations qui traversent la société des mutations que la politique, seule, ne peut ni ne doit incarner dans les pages et les antennes des médias béninois. Il a appelé ainsi à la maturité éditoriale des médias.

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