Du 13 au 15 juillet 2026, Cotonou a accueilli une formation des formateurs et formatrices dédiée à la sécurité numérique, aux droits et aux méthodes de protection. Organisée par Avocats Sans Frontières Canada (Asf Canada), elle a réuni journalistes, Défenseurs des Droits Humains (Ddh) et acteurs d'organisations de la société civile (Osc), trois publics en première ligne face aux risques numériques.
Folarin YABI
Renforcer les capacités pédagogiques des journalistes, Ddh et membres d'Osc partenaires afin qu'ils (elles) soient en mesure de transmettre et de dupliquer les formations en sécurité numérique, droits et méthodes de protection au sein de leurs organisations et réseaux, dans une perspective sensible au genre, tel est l'objectif de cette initiative d'Asf Canada.
Durant trois jours, les participants ont d'abord travaillé sur les plans de formation. Il s'agit de structurer un contenu, définir des objectifs pédagogiques clairs et cibler un public précis. Le micro-teaching a permis aux participants de s'exercer en conditions réelles, chacun animant de courtes séquences devant ses pairs pour affiner sa posture de formateur. Le serious game est venu compléter cette approche, transformant des notions parfois arides comme la cybersécurité en expériences ludiques et mémorables. Un module entier a été consacré aux plans de duplication : comment reproduire cette formation dans sa propre structure, adapter le contenu au contexte local, et garantir que les acquis ne restent pas cantonnés au cours de la formation.
Des participants
Le panorama des menaces numériques a passé en revue les risques de piratage de comptes, de surveillance, d'interception de communications et de désinformation ciblée. Cette cartographie a servi de socle pour aborder l'hygiène numérique, mots de passe robustes, authentification à deux facteurs, mises à jour régulières et la protection des communications, avec des outils de chiffrement adaptés au travail journalistique et associatif. Le cyberharcèlement et la sécurité des femmes ont occupé une place centrale, tant pour les journalistes, Ddh que pour les actrices de la société civile, tous exposés à ces violences numériques genrées. Les participants ont exploré des stratégies de prévention, de documentation des attaques et de riposte. La question de la préservation de sa santé mentale et de son équilibre face à la pression permanente du numérique et aux violences en ligne n'a pas non plus été en reste. Enfin, la gestion des incidents et des crises a fourni des procédures concrètes : identifier une attaque, limiter les dégâts, alerter les bonnes personnes et documenter l'incident pour en tirer des leçons.
À l'issue des trois jours, les participants se sont dit satisfaits du contenu et de la qualité des échanges. Beaucoup ont salué une formation pratique, loin d'un cours théorique classique, les mises en situation et le serious game ayant particulièrement marqué les esprits. Plusieurs journalistes, Ddh et acteurs d'Osc sont repartis avec des réflexes concrets, immédiatement applicables dans leur travail quotidien. Il s'agit notamment de la protection de leurs sources, de la sécurisation de leurs communications, de la vigilance face au cyberharcèlement et bien d'autres. Les participants ont pris l'engagement de restituer cette formation auprès de leurs pairs, dans leurs rédactions et organisations respectives, pour que la sécurité numérique devienne un réflexe partagé bien au-delà des participants.




