La ville de Parakou abrite, depuis le mardi 2 juin 2026, l'atelier de validation du rapport d'Étude d'Impact Environnemental et Social (Eies) approfondie du projet de construction de l'Unité Économique à Vocation Pédagogique (Uevp) de Lètè, dans la commune de Ségbana. Porté par l'Agence de Développement de l'Enseignement Technique (Adet) du Bénin, les travaux se déroulent dans les locaux de l'Agence Béninoise pour l'Environnement (Abe), antenne de Parakou.
Freud ADJAKOU
Valider le rapport d'étude d'impact environnemental et social présenté à la commission : tel est l'objectif principal de cet atelier. Pendant deux jours, plusieurs parties prenantes, notamment les responsables de l'Abe, le représentant de la Direction Départementale des Eaux, Forêts et Chasses de l'Alibori, le représentant de la Direction Départementale de l'Enseignement Technique et de la Formation Professionnelle de l'Alibori, le représentant de la Faculté des Sciences Agronomiques de l'Université de Parakou, les représentants de la mairie de Ségbana et bien d'autres acteurs impliqués dans le projet, vont passer au crible les impacts potentiels du projet sur les plans environnemental et social. Ils auront également pour mission de formuler, le cas échéant, des observations et des recommandations avant la validation du rapport.
Des participants
Dans son intervention, Bio Ourou Nikki, chef du Service de l'Évaluation Environnementale et Sociale Stratégique et du Cadre de Gestion Environnementale et Sociale à l'Abe, antenne de Parakou, a souligné l'importance de cette rencontre. Selon lui, la diversité des compétences réunies permettra d'enrichir le rapport afin qu'il prenne en compte aussi bien les impacts négatifs et de bonifier ceux qui sont positifs.
De son côté, le consultant Louis Gbedo, docteur ingénieur agronome et expert agréé en étude d'impact environnemental et social, a présenté les contours du projet de construction de l'unité économique à vocation pédagogique de Lètè, dans la commune de Ségbana. À l'en croire, cette infrastructure, portée par le gouvernement béninois avec l'appui de l'Afd, s'étendra sur un domaine de 1 007 hectares. « Ce vaste domaine sera consacré à la production et à la formation des apprenants », a-t-il déclaré. L'unité servira ainsi de cadre de perfectionnement pour les agriculteurs déjà formés, mais également de centre de renforcement de capacités pour ceux qui n'ont pas eu accès à une formation agricole classique ou aux lycées techniques agricoles. Le projet prévoit notamment l'élevage de bovins et de caprins, ainsi que la production à grande échelle du soja et du maïs. Un jardin fourrager de 50 hectares sera également aménagé pour assurer l'alimentation du bétail. Cette initiative vise, entre autres, à favoriser la sédentarisation des animaux et à réduire les risques de conflits agropastoraux liés à la divagation du cheptel. Louis Gbedo a également souligné qu'un lycée technique agricole de 50 hectares sera construit à proximité de l'unité. « C'est tout un système de production qui, à moyen terme, va booster la production au niveau de Ségbana », a-t-il affirmé. Abordant l'état d'avancement du projet, l'expert a indiqué que le financement est déjà acquis et que les avant-projets détaillés ont été validés.
Presidu
Présent à cet atelier, le chef d'arrondissement de Liboussou a indiqué que plusieurs démarches préalables ont été entreprises pour favoriser la concrétisation du projet. « Des actions ont été menées en amont pour permettre l'aboutissement de ce projet. Cela fait déjà plusieurs années que les réflexions sont engagées, avec notamment des séances de consultation impliquant les différents acteurs concernés. Les élus ont également joué leur partition afin de faciliter sa mise en œuvre », a-t-il expliqué. Selon lui, ce projet est accueilli avec enthousiasme par les populations locales, majoritairement analphabètes, qui y voient une opportunité de formation et de développement pour les jeunes. « Le lycée agricole apportera énormément à notre localité. C'est pourquoi les autorités communales et celles de l'arrondissement ont tout mis en œuvre pour que ce projet d'envergure devienne une réalité », a-t-il conclu.
À l'issue de l'atelier, le consultant prendra en compte les différentes observations et recommandations formulées par les participants afin d'améliorer le rapport. La version finale sera ensuite soumise à l'Abe pour l'obtention du Certificat de Conformité Environnementale et Sociale (Cces), document indispensable à la poursuite des procédures administratives et au lancement effectif des travaux




