Quelques heures seulement après la publication de la composition du premier gouvernement du président Romuald Wadagni, les analyses se multiplient déjà dans les milieux politiques. Une interrogation revient avec insistance : le nouveau régime marque-t-il une rupture ou s'inscrit-il dans la continuité du système mis en place par Patrice Talon ?
À première vue, plusieurs signaux donnent l'impression d'une continuité. La présence de certaines figures du régime sortant dans l'équipe gouvernementale, dont Yvon Dechenou, Benjamin Hounkpatin, Olushegun Adjadi Bakari, Benoît Dato, Aurélie Adam Soulé épouse Zoumarou, traduit une volonté de préserver la stabilité et de maintenir la dynamique des réformes engagées depuis 2016. Le profil même de Romuald Wadagni renforce cette lecture. Ancien ministre de l'Économie et des Finances et proche collaborateur de Patrice Talon, il a été l'un des principaux artisans de la politique économique du pouvoir sortant.
Mais au-delà de cette continuité apparente, certains observateurs notent aussi des signes de repositionnement. La promotion de nouvelles personnalités et la recomposition de certains portefeuilles ministériels pourraient révéler une volonté progressive d'imprimer un nouveau style de gouvernance. Il faut noter par exemple la nomination de Janvier Yahouédéhou à la décentralisation, de Clément Kouchadé et de Sèdami Mèdégan Fagla, respectivement aux enseignements secondaire et supérieur, pour ne citer que ces ministres.
Le nouveau président est surtout attendu sur sa capacité à répondre aux préoccupations sociales. Après dix années de réformes marquées par la rigueur économique, une partie de la population espère davantage d'actions sur le coût de la vie, l'emploi des jeunes et le dialogue social. Dans les prochains mois, les premières décisions du gouvernement permettront de savoir si Romuald Wadagni entend gouverner dans l'ombre du système Talon ou construire progressivement sa propre identité politique.
Pour l'instant, entre héritage assumé et volonté de nouveauté, le nouveau pouvoir tente de trouver son équilibre.
Charles HONVOH




