Du 16 au 19 juin 2026, Natitingou a abrité l'atelier d’élaboration et la mise en œuvre des plans locaux de sécurité sensibles au genre, aux conflits et à la prolifération des armes à Matéri et Tanguiéta. L'atelier est organisé par le Programme des Nations Unies pour le Développement (Pnud) à travers le Projet « Approche préventive pour la protection et le développement dans le Golfe de Guinée (Facilité de prévention) ». L'objectif principal est de renforcer la sécurité locale à Matéri et Tanguiéta en soutenant l'élaboration et la mise en œuvre de plans locaux de sécurité sensibles aux questions de genre, de prévention des conflits et de maitrise de la prolifération des armes. Au terme des travaux, quelques participants ont apprécié les conclusions de l'atelier tout en saluant la mise en œuvre des plans locaux de sécurité à Tanguiéta et Matéri. Voici ci-dessous, l'intégralité de leurs interventions.
Wilfried AGNINNIN
GBAGUIDI Jean-Armand, Secrétaire Général de la Cellule de Participation Citoyenne de la commune de Tanguiéta, membre de l’Union Communale des Producteurs
« Je pense que cet outil que le PNUD est en train de mettre en place au niveau des communes, est un outil qui véritablement va aider. Mais seulement le temps qui est imparti pour ce travail qui est vraiment lourd est un peu court ; mais l’outil est un outil qu’il faut vraiment apprécier. Je note que les personnes, les couches qui ont été invitées pour participer a cet atelier, représentent vraiment la société. En tant que membre de la société civile, d’organisation qui fait la veille citoyenne, je pense que si cet outil est finalisé et qu’on le met en œuvre, cela peut véritablement aider la population. Surtout lorsqu’on parle de la prolifération des armes, les gens vont être sensibilisées et vont comprendre les dangers qu’il y a dans ce phénomène et les choses peuvent aller. L’autre aspect que je peux aborder, c’est que s’il a une réticence de la part des populations pour collaborer avec les forces de défense et de sécurité, ce n’est pas la faute des populations. C’est qu’à des moments donnés, on se dit si nous parlons, on sera livré et plus tard on sera lynché. C’est à cause de cela que la population se réserve. Mais avec l’outil et les restituions que les gens auront à faire, de part et d’autres à leurs entités respectives, je pense que ça va aller, les choses vont s’améliorer ».
AHOUAVLAME Apollinaire, Secrétaire Exécutif de la Mairie de Matéri
« Le plan local de sécurité est un outil très nécessaire. La loi 20-14 du 20 décembre 2021 nous a recommandé son élaboration. C’est déjà un outil indispensable pour les communes en général. Mais pour nous à Materi, c’est un outil nécessaire en particulier en ce sens que nous faisons face aux affres de l’extrémisme violent et aux attaques au quotidien. Le travail que nous avons fait suit deux axes. Il y a d’abord les communications, mais le gros travail, c’est des outils que nous avons élaboré ensemble avec l’expert en la matière et qui prend en compte plusieurs aspects : les questions liées aux zones d’insécurité, les questions liées aux axes coupés, les questions liées à la vulnérabilité des différents acteurs, les questions liées aux conflits, donc cela prend en compte beaucoup de données. Pendant quatre jours les acteurs ont travaillé en groupe sur des thématiques concernant chaque commune. On a renseigné cinq outils. Je pense aussi que l’élaboration de l’outil est une bonne chose, mais sa mise en œuvre en est une autre. Mais avec tous les acteurs sollicités pour son élaboration, je pense que l’outil une fois réalisé, sera très utile pour sa mise en œuvre. Et nous devons savoir que la sécurité se co construit. Ce n’est pas seulement l’affaire des agents de sécurité ; c’est l’affaire de tout le monde. J’estime que tel que nous avons démarré le diagnostic, tel que nous avons élaboré les différents outils, de manière participative, la mise en œuvre va permettre à l’ensemble des acteurs de mieux se retrouver dans un environnement plus sécurisé, un environnement plus propice pour les uns et les autres. L’outil qui est en élaboration est un gage de sécurité pour nous et donne de garantie qu’en matière de sécurité, le lendemain sera meilleur. Notre souhait est que le travail démarré aille à terme et que les différentes données collectées puissent être utilisées à bon escient pour qu’au finish, on ait un plan local de sécurité qui reflète les aspirations de Materi et un rapport de diagnostic local de sécurité qui reflète la photographie de la commune au moment de sa réalisation ».
YOA Yollande, Conseillère communale, Matéri
« C’est un sentiment de satisfaction qui m’anime à la fin de cet atelier parce que ce qu’on a fait ici me permet d’affronter des situations. Cela me permet d’informer la communauté autour de moi, que ce soit les femmes, les jeunes, les personnes âgées et partager avec eux les mesures à prendre dans le contexte d’insécurité que nous vivons aujourd’hui dans la commune de Materi. L’atelier nous permet aussi de ne plus nous perdre dans la gestion des crises et des catastrophes dans le contexte sécuritaire. Une fois dans nos communes respectives, avec le Secrétaire Exécutif, les cadres techniques, avec l’appui du Maire, on va finaliser ce plan local de sécurité afin de passer à sa mise en œuvre pour que la population puisse en profiter. Je voudrais particulièrement féliciter le PNUD pour tout ce qu’il fait pour nous : les formations, les sensibilisations et autres appuis pour que nous puissions gérer notre localité en terme d’insécurité. Je suis certaine qu’après cet atelier, les mesures seront prises. Nous allons finaliser notre plan, et le travail va commencer sur le terrain ».
Le présidium




