Le gouvernement béninois a approuvé son Programme d’Action (Pag) pour la période 2026-2033. Baptisé « Le Bénin plus loin, ensemble », ce document de référence fixe le cap des sept prochaines années, avec pour objectif global d’« intensifier le bien-être pour tous et partout au Bénin ». Ce Pag approuvé en conseil des ministres de ce mercredi novembre 2026, s’inscrit dans la Vision Bénin 2060 Alafia ainsi que dans le Plan national de développement 2026-2035. Par sa mise en œuvre, l’Exécutif entend consolider les transformations engagées au cours de la décennie précédente et en amplifier les bénéfices pour les populations. Cette ambition suppose de convertir les capacités économiques et institutionnelles du pays en revenus supplémentaires, en opportunités et en services réellement accessibles dans chaque territoire.
Trois défis majeurs à relever
Pour y parvenir, le gouvernement s’attaque à trois défis. Éradiquer l’extrême pauvreté, élargir la base productive et les opportunités économiques, puis consolider la gouvernance, la cohésion nationale et la sécurité. Il s’agit de créer les conditions de l’épanouissement de chaque Béninois, quel que soit son lieu de résidence. Le Programme associe le renforcement de la santé et de la protection sociale à l’amélioration du cadre de vie et des services essentiels de proximité.
Promouvoir une économie créative de valeur et d’opportunités. Le Pag vise une transformation productive fondée sur la création de valeur locale, la diversification et la formalisation des activités. Il entend aussi affranchir l’économie des contraintes logistiques, énergétiques et numériques. Six filières locomotives structurent cette ambition : l’agriculture, l’industrie, le tourisme, la logistique, l’éducation et le savoir associés à l’industrie de pointe, et l’énergie. Le gouvernement promet un État plus proche des citoyens, plus efficace, plus accessible et capable de protéger les personnes et les biens. Cela passe par la modernisation de la gouvernance publique et de la redevabilité, ainsi que par le renforcement de la justice, de la sécurité et du positionnement international du Bénin.
Sur le plan financier, le Pag repose sur un cadrage qui ambitionne une croissance réelle moyenne de 7,7 % sur le septennat 2026-2033, avec un déficit budgétaire global inférieur à 3 % du Pib. Le portefeuille de projets sera financé à hauteur de 45 % par le secteur public et de 55 % par le secteur privé. La mise en œuvre se déroulera en deux temps. La première phase, dite de mise en service, ira de 2026 à 2029. Elle sera suivie d’une phase de consolidation couvrant la période 2030-2033. Les deux phases s’appuieront sur un portefeuille modulable de projets, des contrats annuels de performance entre les ministres et le Président de la République, ainsi qu’une chaîne de résultats reliant ressources, réalisations, résultats et impacts.
Il faut rappeler que deux leviers fondamentaux guideront l’action publique. Le premier est la territorialisation, qui adapte les interventions aux atouts et aux besoins des six pôles de développement. Le second est la technologie, appelée à soutenir les services publics, la productivité, l’accès aux marchés et le pilotage de l’action gouvernementale.
Wilfried AGNINNIN




