Au Bénin, l'essence de contrebande communément appelée "Kpayo" connaît une flambée. A Parakou, il faut débourser 800 F, 850 F voire 900 F pour s'offrir un litre. Face à la hausse vertigineuse et à la non-uniformité des prix, le président de l'association des vendeurs de l'essence de contrebande de Parakou, Mama Sanni Imorou, pointe la fin de la subvention au Nigéria, la crise internationale et les difficultés de transport. « D'après nos fournisseurs au Nigéria, depuis que le Président Tinubu est venu au pouvoir, il a refusé de subventionner l'essence de contrebande, contrairement aux autres présidents. Et même au Nigéria, les gens paient l'essence plus chère maintenant », a-t-il déclaré.
président de l'association des vendeurs de l'essence de contrebande de Parakou, Mama Sanni Imorou,
Il évoque également le contexte international. « Aujourd'hui, il y a une crise mondiale par rapport à la guerre entre les États-Unis et l'Iran. Avant, le Nigéria envoyait l'essence pour traitement en Europe. Maintenant, il y a la raffinerie de Dangote. Si Tinubu avait subventionné, comme c'est le Nigéria qui produit, on ne devrait pas avoir l'essence à ce coût », a-t-il ajouté. Concernant la disparité des prix d'un point de vente à un autre, il a expliqué que « le prix du bidon varie chez nos fournisseurs, tantôt 20 500 F, tantôt 20 000 F. Il y a le transport et ce sont des motos et actuellement les fleuves sont sortis de leur lit. L'essence qui rentre par Tchaourou est moins chère que celle qui passe par Boria, Shiya, Tchikandou et Kabor. Chaque fournisseur propose son prix ».
Le président des vendeurs de l'essence de contrebande de Parakou affirme avoir assaini le milieu. « C'était du désordre, chacun affichait son prix. J'ai travaillé avec les forces de l'ordre pour dénoncer les indélicats qui volent », a-t-il souligné. Il a, pour finir, fait savoir que « je suis en train de mener des démarches pour qu'il y ait une uniformité des prix ».
Alassane ADAMOU




