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Fin de la réunion délocalisée de la commission mixte à Cotonou: le Parlement de la Cédéao adopte des résolutions pour accélérer le passage à l'action

Fin de la réunion délocalisée de la commission mixte à Cotonou: le Parlement de la Cédéao adopte des résolutions pour accélérer le passage à l'action

Au terme de cinq jours d'intenses travaux, d'échanges avec des experts, de consultations avec les acteurs économiques et de visites d'immersion sur le terrain, le Parlement de la Cédéao referme sa réunion délocalisée de la commission mixte organisée du 27 au 31 juillet 2026 dans la capitale économique béninoise Cotonou avec une feuille de route claire. Les parlementaires ont adopté des recommandations et des résolutions destinées à lever les obstacles qui entravent encore le développement des micro, petites et moyennes entreprises (Mpme), considérées comme l'un des principaux moteurs de l'intégration économique régionale. De la libre circulation des biens et des personnes à l'accès au financement, en passant par la formalisation des entreprises, les élus appellent désormais à une application effective des engagements communautaires.

S.A.A

La réunion délocalisée de la commission mixte du Parlement de la Cédéao aura constitué un véritable laboratoire de réflexion sur les défis économiques de l'espace communautaire. Placée sous le thème « Renforcer le rôle des micro, petites et moyennes entreprises comme moteurs formels des chaînes de valeur régionales de la Cédéao », cette rencontre a permis aux parlementaires d'analyser les mécanismes nécessaires pour faire des Mpme un pilier de la croissance inclusive en Afrique de l'Ouest. L'une des principales conclusions issues des travaux est que l'espace Cédéao ne souffre pas d'un manque de textes communautaires mais davantage d'un déficit d'application des engagements déjà adoptés par les États membres. Au fil des communications, les experts et participants ont relevé plusieurs contraintes qui continuent de limiter le potentiel des entreprises locales. Parmi elles figurent notamment les difficultés d'accès au financement, la prédominance du secteur informel, l'insuffisance d'accompagnement technique mais aussi les entraves persistantes à la libre circulation des marchandises et des personnes sur les corridors régionaux. Les parlementaires ont estimé que ces obstacles ralentissent la capacité des entreprises ouest-africaines à intégrer pleinement les chaînes de valeur régionales et à profiter des opportunités offertes par la Zone de libre-échange continentale africaine (Zlecaf).

Les réalités du terrain interpellent les élus communautaires


Les visites effectuées auprès de certaines unités économiques béninoises ont permis aux députés de mesurer l'écart entre les ambitions affichées et les réalités vécues par les opérateurs économiques. L'exemple d'une entreprise béninoise spécialisée dans la transformation de jus de fruits a particulièrement marqué les esprits. Cette structure, capable d'expédier ses produits vers des marchés internationaux comme la Suisse, le Canada ou encore la Chine, rencontre paradoxalement davantage de difficultés pour accéder à certains marchés voisins de la Cédéao. Une situation qui illustre, selon les parlementaires, l'urgence d'accélérer la mise en œuvre effective des protocoles communautaires sur la libre circulation et la facilitation des échanges. À l'issue des travaux, les commissions réunies ont formulé une série de recommandations et adopté des résolutions qui seront transmises aux instances dirigeantes de la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest. En effet, les parlementaires recommandent notamment aux États membres de renforcer l'application des textes communautaires relatifs à la libre circulation des personnes et des biens, de réduire les tracasseries routières, de limiter les contrôles abusifs sur les axes commerciaux et d'améliorer les conditions de transport des marchandises dans l'espace régional. Ils appellent également à mettre en place des mécanismes de financement plus accessibles pour les Mpme, à renforcer les dispositifs d'accompagnement des entrepreneurs et à favoriser leur intégration dans les chaînes de valeur régionales.

Les préoccupations des commerçantes désormais au cœur des débats

La question de la gouvernance des marchés a également occupé une place importante dans les échanges. À travers les rencontres avec les acteurs du commerce, notamment les femmes commerçantes, les parlementaires ont identifié plusieurs défis liés aux conditions d'exploitation des espaces marchands. Les résolutions adoptées préconisent une meilleure implication des usagers dans la gestion des marchés modernes. Les élus souhaitent notamment que les décisions relatives aux horaires d'ouverture, aux conditions d'occupation des espaces et aux mécanismes de dialogue soient prises dans une approche plus participative. Pour eux, l'intégration régionale doit aussi se construire au niveau des marchés, là où des millions de femmes et d'hommes développent quotidiennement leurs activités économiques. L'honorable Gnangadjomon Koné, député ivoirien, a salué la réussite de cette session qu'il considère comme une étape importante dans la mission du Parlement de la Cédéao. Il a apprécié la mobilisation des autorités béninoises et l'engagement des différents acteurs ayant contribué au succès des travaux. Du côté béninois, l'honorable Kamel Ouassagari a insisté sur l'importance du rôle du Parlement de la Cédéao dans le processus d'intégration régionale. À l'en croire, même si l'institution parlementaire n'adopte pas directement les lois, elle demeure un espace stratégique de consultation, de plaidoyer et d'orientation auprès de la Conférence des chefs d'État. Il a également relevé le niveau exceptionnel de participation enregistré à Cotonou, avec une présence massive des parlementaires attendus, signe de l'intérêt accordé aux questions économiques et commerciales qui touchent directement les populations. Les recommandations et résolutions adoptées à Cotonou constituent ainsi une nouvelle étape dans la marche vers une Cédéao où les entreprises locales, les commerçants et les populations pourront véritablement bénéficier des avantages de la libre circulation.

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