Une quinzaine de professionnels des médias de Parakou ont été outillés le vendredi 19 juin 2026 sur les Droits en Santé Sexuelle et Reproductive (Dssr) des femmes et filles handicapées. C'est à travers un atelier d'information et de plaidoyer organisé par la Fondation des Jeunes et Amazones pour le Développement (Fjad), dans le cadre du projet Handi'Women DSSR.
Blandine KEGUE (DTV)
Outiller des hommes et femmes des médias pour qu'ils produisent des contenus plus inclusifs sur les DSSR des femmes et filles handicapées, en contribuant à la lutte contre les stigmatisations et discriminations dont ces dernières sont souvent victimes. C'est le bien-fondé et tout le sens à donner à cet atelier. La journée a été principalement animée par des personnes handicapées, marquant les esprits des participants.
Des participants
Au cours de cette session, les participants ont approfondi leur compréhension des concepts clés : handicap, stigmatisation, discrimination, inclusion, dignité et DSSR. Un socle théorique ancré dans le modèle social du handicap, tel que défini par la Convention relative aux Droits des Personnes Handicapées (Cdph), qui rappelle que ce sont les barrières y compris symboliques et médiatiques qui handicapent, et non la déficience elle-même.
Rosemonde Houssou, épouse Okoumassoun, consultante associée à l'atelier, a été directe sur la responsabilité des journalistes : « Les médias ne font pas que rapporter la réalité : ils la façonnent. » En d'autres termes, les choix éditoriaux — c'est-à-dire les mots, les angles, les sources, les images — ont un impact direct sur la perception publique du handicap. À l'en croire, représenter systématiquement les femmes handicapées comme des objets de charité ou des victimes passives, c'est entretenir les conditions qui permettent de violer leurs droits.
Participants
Des acquis concrets
Les participants n'ont pas seulement suivi les communications. Études de cas, auto-évaluations et exercices de production de contenus inclusifs ont meublé la journée. « J'ai retenu beaucoup de choses, notamment dans l'écriture des reportages et des portraits de personnes handicapées. J'ai également appris que nous utilisons parfois des expressions qui, sans être volontairement péjoratives, peuvent blesser cette communauté », reconnaît Mansouratou Adéni Djibril, journaliste à Fraternité Fm Parakou. Elle a également été émerveillée par les différentes présentations faites. « J'ai été sidérée par leur engagement et leur détermination à expliquer et à défendre le droit des femmes et des filles à la santé sexuelle et reproductive », a-t-elle confié. À l'instar de Mansouratou Adéni Djibril, les journalistes repartent avec des engagements fermes : adopter une approche inclusive dans leurs productions, réaliser des enquêtes sur les violences et discriminations auxquelles les femmes et filles handicapées sont confrontées dans les structures sanitaires.
Quid du projet porté par la Fjad et Speak Up Africa ?
Le projet Handi'Women Dssr, mis en œuvre par la Fjad avec le soutien financier de Speak Up Africa dans le cadre de la phase 2 du programme Voix Essentielles, vise à promouvoir l'accès des femmes et filles handicapées à des services de santé sexuelle et reproductive de qualité. Le Réseau Voix Essentielles Bénin, engagé sur les questions de droits humains et d'inclusion, a également pris part à l'atelier. « Nous souhaitons accompagner les journalistes dans la production et la diffusion de contenus médiatiques sensibles au handicap et aux droits en santé sexuelle et reproductive », a indiqué Ruth Edoh, coordonnatrice du projet. L'ambition est affichée : faire des médias de véritables acteurs de changement social.




