C'est une pratique qui a la peau dure. Il s'agit de l'organisation des cérémonies de fin de formation et de réception de diplômes du Certificat de Qualification aux Métiers par des apprentis. Souvent organisées en grande pompe, ces cérémonies sont pourtant interdites par les autorités. À l'instar des autres communes, celle de Parakou ne fait pas exception.
Selon le président du collectif des artisans de Parakou, Ousmaïla Cissé Abdoulaye, « Depuis l'avènement des examens du CQM, toutes ces pratiques ont été bannies, parce qu'avec les partenaires qui nous accompagnent et avec les efforts que le gouvernement est en train de fournir dans les réformes, il est dit qu'il ne faut plus permettre aux parents de faire des événements grandioses afin de ne pas dépenser inutilement de l'argent ». Cependant, la pratique perdure. « Mais force est de constater que parfois, les gens organisent des événements de remise de diplômes grandioses dans des maisons ou dans des restaurants. Lorsqu'on cherche à sévir, on constate que ce sont les parents des apprenants eux-mêmes qui s'engagent et organisent ces cérémonies. Si c'est un parent qui s'engage dans cette pratique et non le patron, qu'est-ce que nous pouvons dire ? », se désole le président Ousmaïla Cissé Abdoulaye dans une interview accordée à la rédaction de Daabaaru.
À l'en croire, la priorité doit rester la valeur du diplôme lui-même et l'insertion dans le monde du travail, et non l'organisation de festivités non encadrées. « Tout l'argent qu'on prend pour organiser des choses grandioses peut permettre, même à une couturière, de lui acheter une machine, un fer à repasser, une table, afin de lui permettre de commencer quelque chose. Mais certains parents veulent toujours faire "le m'as-tu-vu". Cependant, il y a aussi des patrons indélicats qui s'engagent dans cela. Ces patrons indélicats, lorsqu'on les constate, on sévit avec la dernière rigueur », a-t-il fait savoir. Il a, par ailleurs, appelé au respect strict des textes en vigueur et invité les maîtres artisans à jouer pleinement leur rôle de sensibilisation auprès des apprentis et de leurs familles.
Wilfried AGNINNIN




