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Coulisses diplomatiques: Wadagni-Tiani, le face-à-face d'une diplomatie pragmatique

Coulisses diplomatiques: Wadagni-Tiani, le face-à-face d'une diplomatie pragmatique

La rencontre ne devait durer que trente minutes. Trente minutes, c'est la durée protocolaire convenue par les équipes diplomatiques des deux pays pour un entretien de courtoisie entre deux chefs d'État. Mais quand Romuald Wadagni et Abdourahamane Tiani se sont retrouvés seuls, face-à-face, dans le salon feutré réservé aux échanges confidentiels, les horloges semblent avoir perdu leur utilité.

Une heure quarante-cinq minutes. C'est la durée effective de ce tête-à-tête que les deux présidents ont mené sans témoin, et visiblement sans envie de l'interrompre. Ce qui était prévu comme une formalité d'introduction s'est mué en un dialogue de fond, dense, nourri, que les conseillers qui attendaient dehors observaient avec une curiosité mêlée d'impatience.

Aucun procès-verbal de ces échanges ne sera jamais rendu public. Mais les décisions qui en ont découlé, et l'atmosphère que les deux délégations ont trouvée en entrant pour la séance élargie qui a suivi, parlent d'elles-mêmes. La sérénité, la fluidité du travail collectif, on était loin des relations distantes et parfois crispées des derniers mois. « Ce tête-à-tête de près heures prouve que les enjeux dépassent le simple protocole. C'est le retour d'une diplomatie pragmatique ».

Fati, cadre supérieure dans une institution financière nigérienne, formule ainsi ce que beaucoup à Niamey ont ressenti comme un signal fort. Un signal que la diplomatie entre Cotonou et Niamey, longtemps alourdie par les tensions nées du coup d'État de juillet 2023 et par la fermeture des frontières, retrouve enfin ses droits.

Les deux Chefs d'État lors du tête à tête 

La séance de travail élargie a permis aux deux délégations de formaliser ce que les deux présidents avaient débroussaillé. Commerce, sécurité, coopération scientifique et culturelle, Commission mixte nigéro-béninoise : rien n'a été éludé. Les échanges se sont déroulés dans ce que les communiqués officiels appelleront « un climat de grande cordialité ». Mais ceux qui étaient dans la salle savent qu'il s'agissait de bien plus que de la cordialité. Il s'agissait d'un véritable recommencement.

La Rédaction

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