Le gouvernement béninois s’apprête à appliquer l’arrêté 0196 portant réforme de l’obtention du permis de conduire. Théorie et pratique désormais dissociées, nouveaux types de permis, moyenne relevée à 14. L’objectif est de réduire les accidents de la route. La Fédération des Auto-écoles Agréées du Bénin (Faab) salue la mesure mais attend des ajustements sur le coût.
Alassane ADAMOU
Depuis quelques semaines, l’arrêté 0196 est au cœur des discussions au sein de la population béninoise. Cette réforme touche directement à l’obtention du permis de conduire. Kamarou Deen Bachabi, deuxième vice-président de la Fédération des Auto-écoles Agréées du Bénin (Faab), a détaillé les grandes lignes du texte. La principale innovation porte sur l’organisation des examens. « Désormais, une fois que vous inscrivez à l’auto-école, il faut d’abord faire la phase théorique seule, soit 60 heures de cours théoriques », explique-t-il. Après cet apprentissage, le candidat passe l’examen théorique. En cas de réussite, il revient avec son attestation pour se réinscrire uniquement pour la conduite. « Donc désormais la théorie et la pratique sont séparées. La phase pratique : 120 heures ou 6 mois après la phase théorique », précise-t-il.
Vers une pratique plus proche du réel
La phase pratique évolue aussi. Après les exercices sur le terrain de TP, « il y aura également la circulation en ville pour pouvoir montrer aux candidats comment il faut circuler en ville de nos jours », indique le deuxième vice-président de la Faab.
De nouveaux permis et un barème relevé
L’arrêté 0196 crée également de nouvelles catégories. « Nous avons désormais le permis B1, il y a le permis BEA, le permis C1 qui devient CE », ajoute Kamarou Deen Bachabi. Autre changement majeur : la note exigée. « Entre-temps, pour la phase pratique c’était 12 de moyenne mais maintenant cela revient à 14 pour pouvoir avoir des conducteurs de qualité ». Selon lui, ces mesures interviennent « après les études » et visent à « pouvoir réduire ces taux d’accidents que nous observons ».
Une mise en œuvre en attente
Pour l’instant, rien ne change pour les candidats. « Pour l’instant le coût n’a pas changé. Pour le moment la mesure n’a pas encore pris effet », rassure le deuxième vice-président de la FAAB. La fédération a toutefois anticipé. « Après que la réforme ait été annoncée, notre faîtière a fait une estimation qu’elle a soumise à l’appréciation de l’ANaTT, afin que, ensemble, cela puisse alléger la tâche à la population ». En attendant, « jusqu’à nouvel ordre, cela demeure tel que c’était. Alors quand la réforme sera mise en œuvre nous allons encore informer les populations à travers les canaux d’information ».
Ces explications de Kamarou Deen Bachabi viennent ainsi mettre fin aux rumeurs dans les rangs de la population. Les prochains candidats à l'obtention du permis de conduire savent désormais à quoi s'en tenir.




