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Climat et culture: le Bénin et le Togo lancent le premier rapport d'évaluation des risques climatiques du Koutammakou

Climat et culture: le Bénin et le Togo lancent le premier rapport d'évaluation des risques climatiques du Koutammakou

Lundi 10 août 2026 à Nadoba, le Bénin et le Togo lanceront conjointement le premier rapport d'évaluation des risques climatiques et de stratégie d'adaptation du Koutammakou, le Pays des Batammariba. Basé sur des données de 1979 à 2025 et des projections jusqu'en 2080, ce document historique vise à devenir la boussole de la résilience des communautés face à un réchauffement potentiel de 3°C.

Inscrit sur la liste du patrimoine mondial de l'Unesco par le Togo en 2004 et étendu au Bénin en 2023, le Koutammakou est bien plus qu'un ensemble de cases en terre. C'est un paysage culturel vivant où l'homme, la nature et les savoirs ancestraux sont en constante interaction. C'est ce patrimoine exceptionnel que le Bénin et le Togo ont choisi de protéger en premier, face aux bouleversements climatiques. Le 10 août 2026, à la salle de réunion de la Mairie de Nadoba au Togo, les deux pays lanceront simultanément le tout premier rapport d'évaluation des risques climatiques et de stratégie d'adaptation dédié à l'ensemble du site transfrontalier.

Porté par le Corps des Volontaires Béninois avec l'appui des Ministères de la Culture du Bénin et du Togo, des directions du patrimoine et des partenaires techniques et financiers, ce travail est le fruit d'un processus inclusif. Un atelier international a notamment été organisé au Bénin, avec la partie togolaise, pour enrichir l'élaboration du rapport. L'étude est inédite par son ampleur. Elle analyse l'évolution climatique sur la période historique 1979-2025. Puis elle se projette jusqu'en 2080 à travers deux scénarios. Le scénario intermédiaire, retenu comme référence, est alarmant : si la trajectoire actuelle des émissions de gaz à effet de serre se maintient, le Koutammakou pourrait connaître un réchauffement de 3°C, avec une forte irrégularité des aléas climatiques. « 3°C, c'est énorme. Le plus dangereux, c'est la non-maîtrise de ces aléas. Tout va changer dans le quotidien des communautés », explique Ibrahim Tchan.


Au-delà de l'environnement, protéger une culture


L'enjeu dépasse le cadre environnemental. Pendant longtemps, le débat climatique a occulté l'impact sur les pratiques culturelles, les comportements et la vie quotidienne. Or au Koutammakou, le climat touche directement les matériaux de construction, les cycles agricoles, les rites et la transmission des savoirs. Ce rapport veut combler ce vide. Il ne se contente pas de diagnostiquer. Il propose une trajectoire d'adaptation et de résilience pour les communautés Batammariba. L'ambition est claire : que ce document devienne « la bible du Koutammakou » d'ici 2080, un repère pour orienter toutes les politiques publiques et communautaires.


Un événement majeur à portée mondiale


La cérémonie de lancement, qui réunira autorités, experts et communautés locales des deux pays, sera retransmise en direct sur les canaux officiels. « Beaucoup de sites africains font face aux mêmes défis. Le Koutammakou montre la voie. Quand on parle de patrimoine mondial, on parle de biens qui appartiennent à l'humanité. Les protéger du climat, c'est protéger notre mémoire collective », rappelle Ibrahim Tchan.

Avec ce lancement, le Koutammakou entre dans une nouvelle ère : celle d'une adaptation planifiée, fondée sur la science, mais ancrée dans les réalités d'un peuple qui s'adapte depuis des millénaires.


Alassane ADAMOU

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