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Bilan des journées des griots pour la paix et la prévention de l'extrémisme violent: l'Adecob enregistre des résultats encourageants pour le vivre-ensemble

Bilan des journées des griots pour la paix et la prévention de l'extrémisme violent: l'Adecob enregistre des résultats encourageants pour le vivre-ensemble

Après trois éditions réussies, il est important de marquer une pause afin de faire le bilan des activités. D'où l'atelier-bilan de la Journée des Griots pour la Paix et la Prévention de l’Extrémisme Violent (Jgppev 2025), organisé par l'Association pour le Développement des Communes du Borgou (Adecob). À travers cet atelier tenu le mercredi 13 mai 2026 à Komiguéa, l'Adecob entend analyser les acquis de la troisième édition de la Jgppev, tenue les 20 et 21 novembre 2025 à Pèrèrè et à Parakou, identifier les forces et les insuffisances de l’initiative, tout en formulant des perspectives et recommandations pour renforcer son impact dans les territoires frontaliers.

Wilfried AGNINNIN

Le Présidium 

Cette séance de vérité et de mise au point a mobilisé plusieurs acteurs impliqués dans la promotion de la paix et de la cohésion sociale, notamment des griots, acteurs culturels, leaders religieux, autorités administratives et locales, représentants d’intercommunalités, partenaires techniques et financiers ainsi que des délégations venues du Nigéria. Au cours des travaux, les participants ont apprécié objectivement les acquis, identifié les défis à relever et capitalisé les bonnes pratiques tout en faisant une projection pour les éditions à venir. Les communications présentées ont montré que les résultats obtenus démontrent clairement que la culture peut être un puissant instrument de transformation sociale et de prévention des violences. Les travaux de groupe ont recommandé le renforcement des mécanismes endogènes de prévention des conflits, la promotion de la culture comme levier de paix, de dialogue et de cohésion sociale, ainsi que le renforcement de la coopération transfrontalière entre le Borgou et le Kwara State au Nigéria.

Les particularités

Pour le président de l'Adecob, Daouda Saka Méré, la Journée des Griots pour la Paix et la Prévention de l'Extrémisme Violent est née d'une conviction profonde selon laquelle les communautés disposent en elles-mêmes des ressources culturelles, sociales et historiques capables de contribuer efficacement à la prévention des conflits et à la consolidation d'une paix durable. « Dans un contexte régional marqué par des fragilités sécuritaires, des tensions communautaires, des conflits liés à la mobilité transfrontalière et les risques d'extrémisme violent, nous avons fait le choix de valoriser la culture, le dialogue et les mécanismes endogènes de médiation comme outils complémentaires de résilience communautaire. Cette initiative a progressivement évolué et est devenue aujourd'hui un véritable espace de dialogue entre collectivités territoriales, autorités administratives, chefferies traditionnelles, leaders religieux, jeunes, femmes, chercheurs et acteurs communautaires du Bénin et du Nigéria », a rassuré le président Daouda Saka Méré. Il a affiché l'ambition de l'Adecob pour la pérennisation de ces journées. « Notre ambition est que cette initiative devienne progressivement un modèle de coopération transfrontalière en Afrique de l'Ouest, un cadre permanent de dialogue communautaire et une référence en matière d'approche culturelle de prévention des conflits et de l'extrémisme violent », a-t-il souhaité.

Le représentant de la Coopération suisse et des partenaires, Serge Camille Tonoukouin, a rappelé que sans la paix, aucun développement n'est possible. « Au nom de tous les partenaires techniques et financiers qui accompagnent cette initiative, je voudrais donc vous réitérer notre engagement à poursuivre avec vous ce processus et à mieux l'implémenter dans le Borgou et, pourquoi pas, faire en sorte que cela s’étende au Grand Borgou pour la prochaine édition », a-t-il assuré. En prenant la parole, le représentant du chairman de Kosubosu au Nigéria, El-Hadj Ibrahim Bawa, a reconnu les fruits de la collaboration entre sa commune et l'Adecob. Il a, par ailleurs, salué cette dynamique transfrontalière qui a permis de faire reculer la criminalité, de renforcer la paix et le vivre-ensemble entre les communautés.

Lors de l'atelier

De son côté, le représentant du préfet du Borgou, Euphraïm Lémou, a salué l'Adecob ainsi que l'ensemble des partenaires techniques et financiers pour les efforts déployés en faveur de la paix, de la cohésion sociale et du dialogue communautaire. À l'en croire, les tensions communautaires, les conflits liés à l'exploitation des ressources naturelles, la circulation des discours de haine et les risques d'extrémisme violent constituent aujourd'hui des menaces réelles. La Journée des griots, pense-t-il, « a su mettre en valeur les mécanismes traditionnels du dialogue et rappeler le rôle fondamental des griots comme gardiens de la mémoire collective, médiateurs sociaux et vecteurs de sensibilisation communautaire. Les différentes éditions organisées jusqu'ici ont permis de rapprocher les communautés, de renforcer le dialogue transfrontalier entre le Bénin et le Nigeria, d'impliquer davantage les jeunes et les femmes et surtout de promouvoir les valeurs de paix, de tolérance et de cohésion sociale ».

Les participants se sont réjouis des résultats encourageants obtenus lors des trois éditions. « Je peux dire que le bilan est positif, tout le monde est d'accord là-dessus. Nous avons juste attiré l'attention de l'Adecob afin que le contenu des messages, par exemple, soit ancré dans nos réalités. Qu’il ne s’agisse pas de contenus définis entre les quatre murs du bureau de l'Adecob, mais qu’on aille sur le terrain pour engager des échanges avec les acteurs et les communautés afin d’identifier ensemble les problèmes ou les problématiques autour desquelles les griots sont attendus », a appelé la doyenne de la Faculté des Lettres, Arts et Sciences Humaines (Flash) de l'Université de Parakou, professeure Clarisse Tama Imorou.

Des têtes couronnées 

À travers cette initiative, l’Adecob entend consolider un cadre durable de dialogue communautaire et positionner la Journée des Griots comme un modèle de collaboration transfrontalière au service de la paix durable et du vivre-ensemble.

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