Le porte-parole du gouvernement a tenu, le mercredi 20 mai 2026, une conférence de presse pour éclairer l’opinion publique sur plusieurs sujets de l’actualité sociopolitique nationale. Le bilan de Patrice Talon, l’investiture du nouveau président de la République, la question des médias au Bénin, notamment le cas de la Srtb, ainsi que les détenus, ont été au cœur des échanges de Wilfried Léandre Houngbédji avec les professionnels des médias.
À propos du bilan de Patrice Talon, le porte-parole du gouvernement pense qu’il est porté en triomphe par le peuple béninois. « J’aime à penser que s’il avait la possibilité, en quittant le palais de la Marina dimanche prochain, d’aller chez lui à pied, il n’arriverait pas à se frayer un chemin pour le faire. Et pourtant, au début, qui aurait imaginé, à part lui-même dans son intime conviction, qu’il connaîtrait cette fin en apothéose ? Donc, je crois que nous garderons tous de lui l’image d’un homme d’État résilient, déterminé au service de la République, n’ayant fait aucune sorte d’économie pour sa personne, parfois même pour son honneur, quand on regarde tout ce qui a circulé à son propos. In fine, c’est ça que les Béninois garderaient. C’est ça qui nous a permis d’affronter les difficultés, et Dieu sait qu’il y en a eu énormément, les unes après les autres, de ne jamais renoncer à faire en sorte que nous soyons où nous sommes actuellement, où le Bénin est aujourd’hui envié, admiré, dont on parle avec beaucoup de fierté », a-t-il déclaré.
Wilfried Léandre Houngbédji se montre rassurant, car Patrice Talon a posé des bases solides de développement. « Le successeur qui arrive dans moins de 96 heures sait mieux que quiconque, pour avoir été un des artisans de la gouvernance Talon jusqu’à la fin, il sait ce qui a été fait, il sait ce qui est en cours et il sait ce qui lui reste à faire. Donc, évidemment, il sait quelles sont les urgences par lesquelles il peut commencer son magistère », a-t-il indiqué.
Quid de la délocalisation de la cérémonie d’investiture de Wadagni à Cotonou ?
Selon les explications du porte-parole, le gouvernement a annoncé, depuis le 15 octobre 2025, des travaux de réhabilitation du stade Charles-de-Gaulle à Porto-Novo, en attendant le changement de nom. Les travaux ont commencé, mais les études y relatives ont pris un peu plus de temps que prévu. Sinon, les travaux auraient été achevés pour que la cérémonie se tienne à Porto-Novo, comme c’est de coutume. « Il se trouve que le cas de force majeure qui se pose à nous, c’est que les travaux ont commencé avec retard et sont en cours. Objectivement, pour les qualités que vous nous prêtez en ce qui concerne notre discipline propre, la discipline collective que nous avons imprimée au pays, nous n’aurions pas osé convier des milliers de Béninois sur un espace en chantier. C’est la raison pour laquelle, fort heureusement, comme les travaux de réhabilitation de l’esplanade du palais des congrès, eux, ont commencé plus tôt et sont achevés, nous pouvons disposer d’une place non moins noble pour accueillir cette cérémonie », a-t-il clarifié.
Est-ce qu’en ne prêtant pas serment à Porto-Novo, le nouveau président de la République gagnerait la plénitude des attributs de ses fonctions, notamment au plan spirituel ? « Comme vous, j’ai entendu les développements d’un de nos concitoyens qui estime qu’il manquerait une charge spirituelle. La République est partout : que ce soit à Porto-Novo, à Cotonou, on aurait pu dire Parakou, Natitingou, Lokossa, la République est partout chez elle. La République étant partout chez elle, où qu’elle se soit tenue, elle aurait la même charge. Nous regrettons simplement que les travaux à Charles-de-Gaulle ne permettent pas à la ville de Porto-Novo de vivre cet événement comme elle en a déjà l’habitude, mais ça n’est que partie remise », a fait savoir Wilfried Léandre Houngbédji.
Licenciements massifs à la Srtb
À en croire le porte-parole du gouvernement, la décision de licencier des agents à la Société de Radio et Télévision du Bénin n’émane pas du gouvernement. « C’est une société anonyme qui a des organes de direction : une direction générale, un conseil d’administration », a-t-il précisé. « À partir du moment où ils ont planifié une telle décision, ils auraient gagné à le faire savoir au personnel un peu avant, pour préparer les uns et les autres à cette éventualité, parce que nous avons appris que les gens ont été pris au dépourvu. Ils ont eu l’information au tout dernier moment », ajoute-t-il, tout en indiquant que la démarche est humainement déplorable.
Conseil du porte-parole du gouvernement à son successeur
Pour Wilfried Léandre Houngbédji, le sens supérieur de la nation doit primer sur tout. Il laisse un message à l’endroit de son successeur : « Au bout de l’exercice, je suggérerais à mon successeur dans les fonctions de porte-parole de se faire l’avocat du Bénin, un avocat intrépide qui ne concède rien tant qu’il s’agit de l’honneur du Bénin. »
Au sujet de la polémique relative à une supposée libération clandestine d’Olivier Boko, le porte-parole apporte une réponse claire : « Monsieur Boko, à ce que je sache, se trouve en prison. » Il appelle toute personne ayant des preuves contraires à les montrer.
Plus que quelques jours et le gouvernement Talon va laisser place à celui de Romuald Wadagni pour la gestion du pays. Le porte-parole du gouvernement affirme : « En 96 heures, beaucoup de choses peuvent se passer, y compris les choses que vous n’espérez pas, et peut-être aussi que les choses que vous espérez n’arrivent pas. »
Alassane ADAMOU




