Dans le Golfe de Guinée, particulièrement au Bénin, les communautés côtières, à l’instar de celles de la commune de Grand-Popo, font face à de nombreux défis qui compromettent la durabilité des activités de pêche. En effet, le changement climatique, la surexploitation des ressources halieutiques, les conflits ainsi que la dégradation des écosystèmes affectent directement les moyens de subsistance, la sécurité alimentaire et le bien-être des communautés. Face à cette situation, le Nigéria, le Ghana et le Bénin ont lancé le projet Fisheries Without Borders entendez Pêcheries Sans Frontières (FWB), une initiative transfrontalière visant à promouvoir une gouvernance des pêches résiliente au climat et sensible aux conflits. Quelques semaines après son lancement au Bénin, et sous la coordination du Dr Rodrigue Pèlèbè de l’Ong Eco-Nature et du Laboratoire de Recherche en Aquaculture et Écotoxicologie Aquatique (LaRAEAq) de l’Université de Parakou, l’équipe nationale de mise en œuvre est déjà active sur le terrain.
Dr Rodrigue Pèlèbè
Ainsi, le 14 mai 2026, 46 acteurs de la pêche maritime artisanale au Bénin, composés à 50% de femmes et 50% de jeunes, se sont réunis à Avlo Plage dans la commune de Grand-Popo pour un atelier de dialogue multipartite. Les objectifs étaient d’identifier ensemble les principaux défis auxquels les communautés de pêcheurs sont confrontées ; de recenser les savoirs et pratiques locales en lien avec l’activité de pêche afin de les valoriser ; de mieux comprendre les sources de conflits dans le secteur et surtout de proposer des solutions concrètes et adaptées aux réalités locales face aux défis identifiés.
Des participants
En plus des pêcheurs et des femmes mareyeuses, des dignitaires des cultes endogènes, des représentants des collectivités locales ainsi que des Ong actives dans le domaine de la pêche ont pris part aux échanges. Les institutions de gestion des pêches, notamment la Direction de la Production Halieutique (Dph) et la Direction Départementale du Mono de l’Agriculture, de l’Élevage et de la Pêche, ont également participé au dialogue. La recherche nationale était représentée par le LaRAEAq et l’Institut de Recherches Océanologiques et Halieutiques du Bénin.
Des participants
Les travaux se sont déroulés en trois sessions complémentaires et productives. La première session a pris en compte l'identification et priorisation (élevée, moyenne, faible) des défis ainsi que des actions prioritaires et solutions proposées ; la 2e session s'est intéressée à la documentation des Connaissances Écologiques Traditionnelles (Cet). Quant à la session 3, il a été question de la formulation de recommandations pour renforcer une gouvernance halieutique résiliente au climat et sensible aux conflits aux niveaux local, national et régional.
Des interventions au terme de l’atelier
Le représentant de la Direction de la Production Halieutique, Louckman Monra Seidou, a salué, dans son allocution d’ouverture, cette initiative qui cadre parfaitement avec les orientations de son institution, notamment la collaboration avec les acteurs à la base et leur participation à la gestion durable des ressources halieutiques. Au terme l'atelier, le représentant de l’autorité a exprimé sa satisfaction quant à la richesse des échanges et des résultats issus des différents travaux de groupe. Louckman Mora a pris l’engagement de transmettre les conclusions à sa hiérarchie dès son retour. Il n’a pas manqué de féliciter le projet ainsi que ses partenaires techniques et financiers.
Photo de famille
Les femmes mareyeuses ont unanimement reconnu que réunir tous les acteurs clés dans une même salle, et surtout au sein même de leur communauté, afin de discuter des problèmes rencontrés et de rechercher ensemble des solutions, constitue une initiative rare dans leur localité. Elles ont ainsi encouragé le projet à poursuivre ses actions sur le terrain, avec l’espoir que des changements positifs découleront de cette initiative.
Lors de l'atelier
Pour sa part, le responsable du projet au Bénin Dr Rodrigue Pèlèbè a rassuré les participants de l’engagement continu de son équipe. Il a également précisé que les principaux résultats issus de ces dialogues dans les pays d’intervention du projet serviront à élaborer des recommandations concrètes sous forme de notes de politique qui seront portées aux niveaux national et régional afin d’influencer les politiques publiques en faveur d’une gouvernance de la pêche maritime durable, résiliente et inclusive.
Présidiu
Il convient de rappeler que le projet Fisheries Without Borders est financé par le Blue Convergence Fund (Bcf), soutenu aussi par Rockefeller Philanthropy Advisors. Les principaux partenaires de mise en œuvre sont l’Université Fédérale de Technologie d’Akure au Nigéria et l’Université du Ghana au Ghana, qui ont déjà organisé des ateliers similaires dans leurs pays respectifs.
Wilfried AGNINNIN




