La ville de Parakou s’est réveillée ce lundi 18 mai 2026 sous des décombres, avec des salles de classe décoiffées, des toitures arrachées, des boutiques éventrées, des maisons inondées, des arbres déracinés... Ces dégâts matériels ont été occasionnés, dans la nuit du dimanche 17 mai 2026, par une violente pluie de grêle accompagnée d’un vent d’une rare intensité, semant destruction et désolation sur son passage
Des établissements scolaires touchés

Le secteur éducatif n’a pas été épargné par cette pluie diluvienne. Plusieurs établissements scolaires de Parakou ont été frappés de plein fouet par la tempête. Des toitures ont été soulevées et emportées par le vent, exposant salles de classe et bureaux administratifs aux eaux diluviennes. Sur le terrain : des cahiers d’élèves gorgés d’eau, des manuels scolaires inutilisables et des bureaux de directeurs inondés. À l’École Primaire Publique (Epp) de Wokodorou B, dans le troisième arrondissement, le directeur, visiblement éprouvé, a exprimé sa désolation. « Je pense que la pluie d’hier n’a laissé personne indifférent. Et notre complexe scolaire a été frappé de plein fouet. Nous avons d’abord la clôture qui est tombée sur près de 60 mètres, et vous savez, c’est un grand centre d’examen de 447 candidats. Il y a aussi une des salles, la dernière salle qui doit abriter les candidats, dont le toit est parti. Ce matin, c’est le début des examens blancs et je pense qu’on a dû très tôt changer cette salle et en trouver une autre. Je pense que c’est vraiment désagréable, surtout avec la clôture détruite et l’insécurité qui s’installe déjà. Les cahiers des enfants sont mouillés ; je pense que ces enfants ne pourront plus travailler dans ces cahiers », a exprimé avec tristesse Cyriaque Boccovo, directeur de l’Epp Wokodorou B, rencontré dans la matinée de ce lundi 18 mai 2026. Rencontrée en train de sillonner les salles de composition, la directrice de l’Epp Sntn A Gnon Wianso Ouorou Kiarou s’est dite désolée et dépassée par l’ampleur des dégâts. « Après la pluie d’hier, la toiture de mon bâtiment qui abrite le CM2, le CM1 et le CE2, ainsi que le bureau-magasin, a été décoiffée. Nous sommes en plein examen blanc. On n’a pas pu mettre les enfants dans les salles déjà prévues pour le déroulement de l’examen. On a dû les déplacer pour les répartir dans les autres salles. Au lieu qu’ils soient 36 par salle, on a dû les mettre à 35, 37, 38, voire 41 par salle. Le bureau du directeur a été décoiffé, ce qui fait que les briques tombées ont percé le plafond. Le bureau est mouillé, les papiers aussi ; en tout cas, tout ce qui se trouve dans le bureau comme dans le magasin a été mouillé », a témoigné la directrice.
Au-delà des écoles, le tissu économique de Parakou a lui aussi subi de lourds dommages. Le long de plusieurs artères commerçantes, des boutiques ont vu leurs devantures arrachées, leurs marchandises ruinées par les eaux ou la grêle. Des ateliers de menuiserie, de soudure et de couture ont été partiellement détruits. On note également des maisons inondées.
Les autorités appelées à agir

Face à l’ampleur des dégâts, des voix s’élèvent pour réclamer une intervention rapide des pouvoirs publics. Les directeurs d’écoles appellent la mairie de Parakou, les autorités préfectorales et le gouvernement à dépêcher rapidement des équipes de secours, à évaluer l’ensemble des dégâts et à accompagner les sinistrés. « Je prierai d’abord les autorités de la mairie de Parakou de venir à notre aide pour au moins nous réparer la salle et la clôture. Dans les deux semaines qui restent avant les examens, si on peut essayer de nous relever cette clôture, ce serait bien pour la sécurité des candidats et pour régler cette situation à cause de la sécurité de nos enfants », a appelé le directeur Cyriaque Boccovo. Même son de cloche du côté de la directrice de l’Epp Sntn groupe A Gnon Wianso Ouorou Kiarou, qui appelle les autorités municipales à agir afin de permettre aux écoliers de composer l’examen du Cep le 1er juin prochain dans de bonnes conditions.
En attendant la réaction des autorités, la nuit du 17 mai 2026 laissera longtemps des traces dans les mémoires et dans les murs de ces écoles, de ces boutiques et de ces foyers éprouvés.
Wilfried AGNINNIN




