Le Bénin est depuis le mardi 7 juillet 2026, l'épicentre d'une importante rencontre consacrée aux méthodologies d'évaluation des politiques publiques. Pendant cinq jours, plus de 120 chercheurs, des universitaires, des porteurs de projets, des partenaires techniques et des décideurs publics venus de plusieurs pays africains se réunissent à Cotonou dans le cadre de la cinquième édition de l'École d'été « Méthodologies du développement ». Une initiative portée par plusieurs institutions internationales et béninoises, avec pour ambition de promouvoir une gouvernance publique davantage fondée sur les données probantes et les résultats mesurables.
S.A.A
Après des éditions organisées en ligne en 2021, puis à Abidjan en 2022, à Rabat en 2023 et 2024, et à Dakar en 2025, la cinquième édition de l'École d'été « Méthodologies du développement » fait escale pour la première fois au Bénin. Cette rencontre continentale est organisée conjointement par J-Pal, l'Agence française de développement (Afd), le Fonds d'Innovation pour le Développement (Fid), le Ministère de l'Économie et des Finances du Bénin et l'Université Catholique de l'Afrique de l'Ouest (Ucao). Pendant cinq jours, plus de 120 participants et intervenants prennent part à des échanges destinés à renforcer les capacités africaines en matière d'évaluation des politiques publiques. Véritable cadre d'apprentissage et de partage d'expériences, cette École d'été offre aux chercheurs, aux responsables d'institutions publiques, aux porteurs de projets ainsi qu'aux partenaires techniques l'opportunité d'approfondir leur maîtrise des méthodes d'évaluation d'impact. À travers des conférences, des ateliers pratiques et des travaux de groupe, les participants découvrent des approches scientifiques permettant d'apprécier avec rigueur l'efficacité des politiques publiques et d'améliorer les processus de prise de décision.
Des participants
L'édition 2026 s'articule autour de trois principaux volets, un module académique destiné aux chercheurs africains francophones, un module incubateur consacré à l'accompagnement des porteurs de projets dans la conception de leurs évaluations ainsi qu'un module dédié aux décideurs publics visant à renforcer l'utilisation des données scientifiques dans la formulation des politiques publiques. En abritant cette rencontre internationale, le Bénin confirme sa volonté de promouvoir une gouvernance publique fondée sur des analyses rigoureuses et des données fiables. Cette démarche s'inscrit dans une dynamique visant à améliorer l'efficacité des interventions publiques face aux nombreux défis liés notamment au changement climatique, à l'emploi des jeunes, à l'urbanisation rapide et à la cohésion sociale.
La directrice de l'Agence Française de Développement (Afd) au Bénin, Laure Weisgerber a rappelé que l'évaluation constitue un levier essentiel pour améliorer la qualité des politiques publiques. Selon elle, « il ne s'agit pas seulement d'un instrument de contrôle mais d'un véritable outil d'apprentissage permettant d'identifier les bonnes pratiques, de corriger les insuffisances et de maximiser l'impact des investissements publics ». Le directeur exécutif de J-Pal Europe, Cillian Nolan a, pour sa part, insisté sur la nécessité de rapprocher davantage les chercheurs des décideurs publics. Il a notamment évoqué le partenariat conclu en 2025 entre J-Pal Afrique et le Gouvernement béninois, qui prévoit la création d'un laboratoire de politiques publiques destiné à faciliter l'intégration des résultats de la recherche scientifique dans l'élaboration des stratégies nationales.
Prenant part au panel de haut niveau, le professeur Alastaire Sena Alinsato a salué l'engagement du Bénin en faveur d'une culture de l'évaluation. Il a souligné que « les politiques publiques doivent désormais être appréciées à partir de résultats mesurables, d'indicateurs fiables et d'évaluations objectives ». A l'en croire, cette approche est en parfaite cohérence avec les réformes engagées par le Gouvernement béninois, notamment la loi-cadre sur la planification du développement et l'évaluation des politiques publiques, ainsi que la Vision Bénin 2060 « Alafia, un monde de splendeur », qui place la performance, la redevabilité et l'amélioration continue de l'action publique au cœur du développement national. Créée dans le cadre de la Chaire « Méthodologies du développement » par les économistes Esther Duflo et Abhijit Banerjee à l'Université Paris Sciences et Lettres, cette École d'été ambitionne de consolider un réseau africain réunissant des chercheurs, des praticiens, des porteurs de projets et des décideurs publics. Au-delà des formations, elle entend favoriser une culture commune de l'évaluation afin d'encourager des politiques publiques plus efficaces, mieux adaptées aux réalités locales et davantage orientées vers l'amélioration durable des conditions de vie des populations africaines.




