Réunis à Cotonou pour deux jours de réflexion, les responsables des administrations financières de 29 pays veulent désormais faire de la gestion publique un véritable instrument de réponse aux défis environnementaux. C’est autour de cet engagement que s’est ouvert ce mardi 15 septembre 2026 au Sofitel Hôtel, le 17ème colloque international de l’Association internationale des services du Trésor (Aist), placé sous le thème, « les finances publiques au service de l’impératif environnemental ».
S.A.A
Lors des discours
À l’ouverture des travaux, le Directeur de Cabinet du Ministre Délégué auprès du Ministre de l'Économie et des Finances, Charles Yehouénou, a appelé à dépasser une conception strictement comptable de la performance publique. Si la mobilisation des recettes, la discipline budgétaire, la fiabilité des comptes et la maîtrise des équilibres macroéconomiques demeurent indispensables, elles ne suffisent plus face aux mutations actuelles. A l’en croire, les administrations financières doivent désormais mesurer l’action publique également à l’aune de ses conséquences économiques, sociales et environnementales. Cette nouvelle approche implique notamment une meilleure traçabilité des financements verts, un reporting environnemental plus rigoureux, une commande publique responsable mais aussi le recours à des instruments tels que les obligations durables et la fiscalité écologique. Il a également mis en avant les orientations du Bénin en matière de financement durable avec l’ambition de mobiliser davantage de capitaux en faveur des énergies d’avenir, des transports propres, de la biodiversité et d’une gestion plus résiliente des ressources.
Du constat à l’action…
Des participants
Pour le Directeur Général du Trésor et de la Comptabilité publique, Oumara Karimou Assouma, cette rencontre intervient à un moment où les administrations financières doivent franchir une nouvelle étape. Après les transformations liées à la digitalisation et à l’intelligence artificielle, l’urgence consiste désormais à mettre la rigueur financière au service de la protection de l’environnement. En effet, indique-t-il, le rôle des services du Trésor ne devrait donc plus se limiter à mobiliser, à gérer et à comptabiliser les ressources. Il doit également intégrer la question de la pérennité des choix publics et de leur impact sur les générations futures. Cette évolution suppose de nouvelles compétences et de nouveaux outils afin d’identifier les dépenses favorables à l’environnement, de mesurer leur impact, de garantir leur traçabilité et d’évaluer leur efficacité.
La commande publique verte comme nouvelle alternative…

La secrétaire générale de l’Aist, Catherine Lemesle, a pour sa part insisté sur le caractère mondial des défis environnementaux. " Les engagements internationaux en faveur du développement durable ne peuvent devenir réalité que lorsqu’ils sont traduits dans les budgets publics, les mécanismes de financement et les outils de gestion des États", a-t-elle déclaré. Au cours de ces assises de Cotonou, les réflexions vont aussi porter sur l’intégration de l’environnement dans le cycle budgétaire, la fiscalité verte, les financements innovants, la gouvernance et la traçabilité des finances publiques vertes. Au-delà des discussions techniques, l’Aist ambitionne de faire émerger des initiatives durables, parmi lesquelles une déclaration de Cotonou, un observatoire des finances publiques vertes, un réseau d’experts et un futur guide méthodologique. Catherine Lemesle a notamment rappelé qu’en 2021, le Bénin avait émis un eurobond de 500 millions d’euros destiné au financement de projets sociaux et environnementaux.
Des participants
En ouvrant officiellement les travaux, Charles Yehouénou, le Directeur de Cabinet du Ministre Délégué auprès du Ministre de l'Économie et des Finances, chargé des Finances et de la Microfinance, a souhaité que les réflexions de Cotonou débouchent sur des solutions concrètes, audacieuses et directement applicables. Le 17ème colloque de l’Aist se présente ainsi moins comme un simple rendez-vous institutionnel que comme une étape vers une nouvelle conception de la finance publique plus transparente, plus performante et désormais pleinement engagée dans la construction d’un avenir environnement durable.




